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La tétine serait-elle tendance ? La Fédération française d'orthodontie (FFO) ouvre son congrès au grand public, lundi à Paris, pour une matinée consacrée au pouce et à la tétine, peu aimés de ces professionnels lorsqu'ils s'éternisent à un âge avancé de l'enfance. Pouce ou tétine ? Quelle tétine ? Quelles conséquences sur la croissance faciale ? Jusqu'à quel âge ? Des spécialistes apporteront aux parents leur éclairage sur un sujet "un peu conflictuel", de l'aveu des organisateurs. "On a eu envie de faire cette journée, parce qu'on s'est aperçu que les enfants ont de plus en plus le pouce ou la tétine à des âges un peu surprenants", explique Jean-Baptiste Kerbrat. Jusqu'à 5, 6, voire 8 ans, déplore le stomatologue.

 

Pour ce spécialiste, "tout le problème est d'évoquer la dualité entre un besoin infantile, qu'on peut comprendre, et un besoin qui dure dans le temps, qui là devient pathologique, et qui entraîne des malformations faciales". Il y a la tétine et le pouce, mais aussi "le bout de drap ou le doudou qu'on suçote toute la nuit, toutes ces choses qui rassurent l'enfant", mais qui perturbent l'évolution normale de sa fonction de déglutition, et également sa respiration. Ces enfants "ont un automatisme de succion et un automatisme de respiration buccale, deux grands facteurs de déformation du palais", indique le docteur Kerbrat, décrivant "un palais beaucoup plus étroit, plus creux, une mâchoire qui n'est pas assez large, donc forcément une mauvaise position des dents, et puis aussi des incisives beaucoup plus en avant".

 

La tétine plus pernicieuse que le pouce


Pouce ou tétine, l'impact est sensiblement le même aux yeux du spécialiste : le pouce, plus dur et un peu plus large, "déforme un peu plus", mais la tétine est "plus pernicieuse", car elle donne bonne conscience aux parents, surtout quand elle est présentée comme "physiologique". "La tétine orthodontique, ça n'existe pas", met-il en garde. "Le pouce, c'est toujours pour l'enfant une façon d'essayer de combler un manque", explique de son côté la psychanalyste Claude Halmos, qui interviendra lors de la matinée de la FFO. La tétine, elle, est proposée par l'adulte.

 

"Quand il s'agit de nourrissons, si ça rassure les mères, pourquoi pas", estime Claude Halmos. "Ce contre quoi je m'élève", poursuit-elle, "c'est ces enfants qui ont deux, trois, quatre ans, qui parlent, qui marchent, qui vont à l'école, et qui se promènent avec ce truc dans la bouche". "C'est très profondément perturbant pour l'enfant", à la fois "appelé à être grand et renvoyé à des sensations de quand il était nourrisson".

 

"C'est difficile de grandir pour un enfant, parce que chaque étape suppose qu'on abandonne l'étape d'avant. Donc, il faut le soutenir, lui expliquer ce qu'il va trouver, le pousser vers l'avant", explique la psychanalyste. Côté pratique, le docteur Kerbrat recommande d'arrêter les biberons dès que l'enfant sait boire, d'exclure toute tétouille sucrée, "catastrophique" pour les dents, et, si tétine il y a, de se limiter à un seul exemplaire et de l'enlever lorsque l'enfant s'est endormi.

 

Article du 04/11/2011 LePOINT.fr

Tag(s) : #mon oeil sur le métier

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